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En quelques mots...

Bérénice a 34 ans, une fille et un amoureux. Petite, Bérénice voulait être un garçon, plus grande elle se désespérait parce qu’elle n’en serait jamais un. Elle trouve les filles chiantes mais parfois elle trouve ça sympa d’en être une. Plus jeune, Bérénice voulait être Bernard Pivot. Aujourd’hui elle en rêve encore. Bérénice aime son boulot mais n’aime pas l’idée d’aller au boulot. Elle aime rencontrer des gens et écrire. Elle n’aime pas les horaires fixes ni travailler dans le silence. Elle est rebelle au-dedans et emmerde son amoureux avec ses discours du dimanche soir sur la servitude humaine. Et le lundi matin, elle se lève tôt pour aller au boulot sans jamais être en retard. La journée, elle boit des litres de thé vert et de tisanes pour être plus mince. Le soir, elle boit des litres de bières parce qu’elle aime ça même si ça fait grossir. Elle fume trop, lit beaucoup, ne va pas assez au ciné, rêve souvent de la vie qu’elle n’a pas même si la sienne est plutôt pas mal.
De toute façon, un jour, Bérénice elle aura du succès, elle refusera les interviews, elle deviendra un mythe. Si si vous verrez.
Mercredi 31 octobre 2007
On serait dans "Desperate housewives", ça ferait: "une situation a été réglée et Bérénice se rendit soudain compte que le bien-être tenait finalement à peu de choses."
Plusieurs semaines sans bloguer mais aussi sans dormir, en tout cas sans vrai sommeil réparateur. Bérénice imagine déjà sa prochaine nuit avec délectation... Elle ne devrait plus crouler sous l'angoisse, retourner le problème dans sa tête autant de fois que son corps dans le lit, avoir une tête de déterrée au petit matin. Bérénice pourrait presque être sereine (enfin faut pas exagérer non plus) alors Béré saura-t-elle retrouver le sommeil, depuis si longtemps égaré?
Par Bérenice
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Mardi 2 octobre 2007

Depuis hier, Bérénice a parfois l’impression d’être une Vraiment Intéressante Personne. D’abord elle a eu plein de compliments de la part d’un administrateur d’une compagnie de danse qui a donné ses coordonnées à un site qui cherche peut-être des contacts locaux pour causer culture. Ensuite, elle a reçu un coup de fil d’un mec amoureux des livres qui lui demande sa participation pour monter association et projet magnifique autour de son péché mignon, la littérature. Bérénice a juste envie de dire « merci les gens de me remonter un peu le moral avec l’attention que vous me portez ! » Trop flattée, la Béré !

Par Bérenice
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Mardi 2 octobre 2007

Une semaine et un jour que Bérénice n’a pas fumé. Comme quoi si Béré, qui n’a pas beaucoup de volonté en général, y arrive, c’est un espoir certain pour beaucoup d’intoxiqués tabagiques persuadés qu’ils ne pourront jamais ô grand jamais s’arrêter de fumer. Bon, Bérénice ne va pas vous mentir non plus, parfois elle en chie. Il lui arrive de penser de façon obsessionnelle à une cigarette réconfortante. Celle de fin de journée lorsqu’elle rentre à peine à la maison, celle-là, elle est dure à oublier. Le week-end dernier, Bérénice aurait bien tué quelqu’un quand le manque était trop fort. Mais elle n’a pas craqué, même pas dans le pub enfumé où elle a regardé la deuxième mi-temps de rugby France-Géorgie. Alors…

Par Bérenice
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Mardi 2 octobre 2007
Bérénice a arrêté de fumer
Bérénice a plutôt mal dormi
Bérénice a vu une belle expo
Bérénice a crevé (à 50 mètres d’une station-service et d’un ultra gentil pompiste)
Bérénice a pensé 125 millions de fois à la cigarette
Bérénice a vu un très chouette film avec son amoureux
Bérénice a appris une mauvaise nouvelle
Bérénice s’est fait planter à un rendez-vous (alors qu’elle avait poireauté et perdu une bonne partie de sa journée pour ça)
Bérénice a eu affaire à un mec vraiment con
Bérénice a rencontré une psy super intéressante
Bérénice s’est fait offrir du jus de pruneaux par une gentille dame très bio
Bérénice s’est vautrée dans l’escalier la tête la première (elle ne s’est rien cassé mais elle a eu peur et mal et elle a des bleus partout)
Bérénice a bouclé tard dans un stress total
Bérénice a vu une pièce sympa avec son Petit Amour
Bérénice s’est gavée de succulents légumes farcis
Bérénice a soigné son Petit Amour fièvreux, reniflant et toussant
Bérénice a lu un joli livre triste
Par Bérenice
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Samedi 22 septembre 2007

Avant-hier, après un nouveau malaise de son Petit Amour, Bérénice a voulu lui parler. L’aider à sortir cette grosse angoisse qui lui donne des malaises de grands. Elle, si jeune, se débattant déjà dans les affres du mal-être. Et là, Bérénice a pris une claque à son cœur de maman. Elle est effarée par ce qu’elle a entendu, par la réalité qui est remontée à la surface. Quand son Petit Amour lui a raconté les méchantes charades des autres enfants et ce corps qu’elle n’aime plus. Un Petit amour qui, à neuf ans, a des mots durs dans le cœur et la bouche : « Quand je me regarde dans un miroir, je vois un monstre.». Beaucoup de larmes, une vraie souffrance qu’elle n’arrivait plus à cacher. Bérénice a fait la forte pour la consoler, elle a ravalé ses larmes, elle l’a rassurée mais à l’intérieur ça lui faisait mal, très mal. L’école a proposé hier que Petit amour rencontre le psychologue scolaire qui devait passer le matin. Bérénice a vu le directeur, la maîtresse. Ils ont évoqué l’angoisse de Petit Amour. La maîtresse a découvert les mots blessants des autres enfants et l’angoisse des trente minutes de récréation qui « me bousillent l’existence » a dit Petit Amour. Bérénice a découvert que sa poulette minette était hyper fatiguée en classe, qu’elle ne dormait pas bien ces temps-ci et qu’elle ne disait rien. Bérénice a fait un gros super méga énorme câlin à son Petit Amour, elle ne voulait plus le lâcher dans cette jungle. Et puis dans sa voiture, derrière ses grosses lunettes, elle s’est effondrée. Parce qu’elle ne soupçonnait pas tout ça, parce qu’elle s’en voulait de ne pas avoir compris même si Petit amour ne disait rien, parce qu’elle se sentait nulle de ne pas avoir réussi à protéger son enfant de ce foutu monde.

Par Bérenice
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Jeudi 20 septembre 2007

Cet après-midi, pendant qu’elle fumait sa clope, Bérénice a croisé un copain qu’elle ne voit plus. Elle se dit que c’est bizarre quand même la vie, qu’aujourd’hui elle n’échange plus avec lui que des « salut, tu vas bien ? » insipides. Et pourtant, elle sent bien dans son regard et son sourire qu’il y a bien plus que ça. Qu’ils auraient envie tous les deux d’aller se retrouver autour d’un café pour se raconter leur vie. Comme avant. Quand ils avaient le même jour de repos et qu’ils le passaient ensemble à la plage, quand il l’avait invité à déjeuner dans un superbe hôtel de luxe face à l’océan, quand ils passaient des après-midi à raconter des conneries, quand ils passaient des soirées à jouer au billard ou à danser n’importe comment dans des boîtes vides. Quand ils étaient amis. Quand leur amitié prenait parfois la tangente et qu’ils avaient envie de se séduire. Quand finalement ils sont toujours restés sages. Quand Bérénice a plaqué sa vie d’avant et qu’elle l’a appelé en pleurs pour qu’il l’écoute. Quand d’autres yeux doux l’ont happée et qu’il en était complice. Quand son cœur à lui battait plus fort devant une jolie brune et que Bérénice lui disait « vas-y fonce ! ». Et puis ils se sont quittés, chacun occupé à son nouvel amour. N’étaient-ils l’un pour l’autre qu’un passage obligé pour mieux se révéler ? Peut-être… Mais c’est promis, la prochaine fois, Bérénice l’invite à boire un verre et lui fait subir un interrogatoire en règle.

Par Bérenice
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Jeudi 20 septembre 2007

Ce matin, Bérénice a assisté à une conférence de presse très très particulière. Ils ne sont que trois, triés sur le volet, à être rassemblés dans un hangar plutôt laid. Un tapis, des canapés en faux cuir, une table basse sur laquelle trône une jolie composition florale genre ikebana. Un salon provisoire et incongru pour un événement exceptionnel. On le dit dès le départ : petit comité, quelques invités, avant-première, secret. Bérénice se sent à la fois super privilégiée et a aussi une forte envie de rire. Elle se croit dans une mission classée secret défense. Et puis elle a envie de goûter les petits gâteaux qui la regardent depuis leur assiette. Mais dans ces cas-là, l’assiette est toujours de l’autre côté de la table, devant ceux qui s’en foutent des gâteaux. Ils n’ont vraiment pas faim ou ont peur de passer pour des pique-assiettes ? Une fois que tout le monde ou presque a le dos tourné, Bérénice attrape un biscuit bien alléchant. Elle veut la jouer discret et elle le fait tomber sur le tapis pas super propre. En plus on l’a vu alors elle ravale sa gourmandise et repose l’odieux tentateur. Raté ! Pas grave il lui reste à jeter son dévolu sur l’objet de tous les secrets. Et comme elle a de la déontologie, elle ne dira pas ici ce qui se cachait derrière le rideau de fer. Mais elle avoue que c’était exceptionnel. Soufflée, la Béré ! Et puis tout ce côté top confidentiel, les débats pour savoir qui donnerait l’info en premier, les conciliabules au téléphone avec la rédaction. Elle voit dans les yeux de celui qui les avait conviés le grand moment de solitude, le doute d’avoir fait une connerie, tout son programme horriblement gâché, le fatalisme aussi. Elle voit le pouvoir de la presse en direct dans la voix et les yeux de son interlocuteur.

Par Bérenice
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